
Lorsque j’ai eu 60 ans, cela faisait plus de 30 ans que je travaillais comme artisan et homme de métier. Mon fils travaillait avec moi, et nous avions prévu qu’il reprenne mes affaires un jour. Le 6 juin 2010, je me suis réveillé avec une douleur à l’arrière des yeux et une vision trouble. Le lendemain, mon médecin m’a informé que je ne retrouverais plus jamais ma vision. J’ai reçu un diagnostic de problème de circulation sanguine dans mes nerfs optiques; un genre d’accident vasculaire cérébral des nerfs optiques.
Depuis, je n’ai plus de vision centrale dans mon œil gauche, et il me reste de 15 à 20 % de vision périphérique. Dans mon œil droit, je n’ai que 3 à 5 % de vision centrale. Et c’est sans compter que je souffre également de scotome. Cette maladie se traduit par la présence d’une ou plusieurs taches dans le champ visuel. J’ai l’impression d’avoir des
nervures grises dans ma vision. Les chances qu’une personne contracte cette maladie sont de 1 sur 385 000. J’ai toujours aimé l’idée d’être légèrement différent!
J’ai toujours aimé marcher; il s’agit pour moi d’une façon de faire de l’exercice et de méditer. Lors d’une promenade en 2012, j’ai rencontré Mary et Stan. Lorsqu’ils ont remarqué ma canne blanche, ils m’ont demandé si je souhaitais essayer le boulingrin. Ils venaient tout juste de mettre su
r pied un groupe local de joueurs de boulingrin malvoyants et avaient de nombreuses expériences à partager. Ce printemps-là, nous nous sommes de nouveau rencontrés, et j’ai accepté leur proposition.
J’ai été profondément touché par l’esprit communautaire des joueurs de boulingrin. Il s’agit d’une communauté très accueillante qui accepte tous ceux qui souhaitent jouer au boulingrin. J’ai également remarqué que les joueurs qui ne sont plus capables de compétitionner ou de jouer deviennent des membres associés du club et peuvent continuer à rencontrer leurs amis de longue date. Ce sentiment d’appartenance joue un rôle important dans mon expérience de jeu.
Comme toute organisation bénévole, notre club existe grâce au dévouement de ses membres. Je suis chanceux de pouvoir participer aux activités d’entretien du club, par exemple en installant l’équipement pour le groupe des malvoyants le mardi matin et en participant aux tâches de préparation et de nettoyage lors des compétitions. Je participe également à l’entretien des terrains, lorsque cela est possible, par exemple en ramassant le gazon coupé et en utilisant une brouette. Ce n’était certes pas facile au début. Maintenant que je connais bien l’environnement, je peux m’y déplacer sans trop de risques. Les personnes avec un handicap doivent également se surpasser afin d’éprouver un sentiment de valeur et de réussite.
C’était mon histoire personnelle relative au boulingrin. Je serai toujours reconnaissant de cette promenade qui m’a permis de découvrir ce sport. Les mots me manquent pour décrire les amitiés qui se sont créées au niveau du club et du district. Chaque club a sa propre personnalité. Nous sommes compétitifs, MAIS cherchons également à garantir la santé et l’existence de notre communauté. Et nous accueillons des gens de tous âges de 9 ans à 104 ans (eh oui!), qu’ils aient un handicap ou non, qu’ils soient débutants ou experts.
Je suis heureux de faire partie de l’équipe spéciale de Boulingrin Canada et je me réjouis à l’idée d’aider plus de gens à découvrir l’incroyable communauté du boulingrin.