Ce post provient de Ralph Ellis de l’OLBA, qui fait suite à son article sur le financement des clubs. Ralph présente des arguments importants sur les raisons pour lesquelles les gens pratiquent le boulingrin, pourquoi les gens arrêtent et ce qui fait que les gens continuent à jouer au boulingrin pendant de longues années. Si l’argent est extrêmement important, il y a d’autres facteurs qui sont nécessaires à la survie d’un club.

Les nouveaux boulistes qui sont attirés par le jeu sont influencés par le désir a) d’être en bonne santé dans un environnement qui restreint les défis physiques; b) de faire partie d’une communauté élargie où règnent l’amitié et les interactions sociales; c) de rechercher la compétition à différents niveaux. Certains sont d’anciens athlètes à la recherche d’un jeu moins fatiguant à mesure qu’ils vieillissent. D’autres recherchent la compagnie de personnes de leur âge et d’autres tranches d’âge. Dans la société moderne, les gens se sentent souvent aliénés et déconnectés des personnes qui les entourent. Le boulingrin permet de nouer des amitiés et d’éprouver un sentiment d’appartenance à un groupe. Je considère les amis du boulingrin comme de nouveaux amis (amitiés développées depuis moins de 25 ans) et d’anciens amis (amitiés développées depuis 26 ans et plus). On peut donc dire que je joue depuis longtemps. On peut se faire des amis pour la vie très rapidement sur un terrain de boulingrin et c’est l’une de nos principales forces.

Les nouvelles recrues proviennent des journées portes ouvertes, du bouche à oreille et de la publicité locale. Nous nous efforçons de toujours trouver les meilleures façons de recruter de nouveaux membres, mais tous les efforts gagneraient à être soutenus par une augmentation des subventions ou un plus grand engagement de la part des clubs locaux. Les clubs doivent mettre de l’argent de côté de façon continue afin de rechercher de nouveaux membres chaque année et certains clubs s’efforcent activement de contacter des groupes spécifiques. Les plus courants sont les clubs de curling, les clubs philanthropiques et les centres pour personnes âgées. Mais combien de nos clubs ont-ils réussi à atteindre des groupes culturels qui ne sont pas de race blanche ou anglosaxons? Si votre communauté change, vous devez changer avec elle. Invitez des groupes communautaires de différentes ethnies ou des néo-Canadiens sur votre terrain. Montrez que vous pouvez accueillir des groupes non traditionnels.

Une fois que les nouveaux joueurs ont franchi la porte, qu’est-ce qui les retient ou les éloigne la première année? Le taux d’attrition (nombre de joueurs nécessaires pour remplacer ceux qui quittent le jeu) était de 10 p. 100 de la population totale de joueurs de boulingrin par année dans les années 1970 et 1980. Aujourd’hui, le taux de désaffection en Ontario est de 15 à 18 p. 100. Près de 50 p. 100 des nouveaux joueurs quittent le jeu après la première année. Pourquoi cela se produit-il et comment y remédier? Nous devons faire un travail plus rigoureux pour comprendre et identifier les problèmes au niveau local. Mon club, le James Gardens, communique avec les personnes qui ne reviennent pas pour leur demander de parler de leur expérience afin d’identifier les domaines où nous devons nous améliorer. À la fin des années 1980, avant que la Loi sur la protection de la vie privée n’entre en vigueur, l’OLBA communiquait avec tous les joueurs qui quittaient le boulingrin dans leur première année pour leur demander les raisons de leur départ. Les principales raisons qui s’en dégageaient étaient : a) les attitudes négatives des joueurs seniors, comme l’hypercritique; b) le fait de ne pas comprendre le fonctionnement du club et de ne pas être impliqué dans les activités du club; c) le peu de succès réalisé dans le jeu, ce qui est parfois dû à l’absence d’un entraîneur. Comment résoudre ces problèmes?

Parlez à vos joueurs seniors et initiez un changement de culture. Chaque année, je prononce une allocution où je dis que de trouver de nouveaux joueurs, c’est comme sortir avec quelqu’un. Vous devez être très gentil avec les gens au début et vous serez récompensé à la fin. La phrase « On ne fait pas ça comme ça » doit être remplacée par « Permettez-moi de vous montrer comment on fait ça ». On ne doit JAMAIS interpeller publiquement un nouveau joueur sur le terrain. Si cela se produit, rencontrez le capitaine et faites-lui savoir que ce n’est pas permis. Si le capitaine ne change pas d’attitude, il devra partir. Quelqu’un qui réprimande de nouveaux joueurs vous coûtera 20 membres en 5 ans.

Les nouveaux joueurs ne savent pas comment jouer, ni les règles, ni l’étiquette. Les nouveaux joueurs doivent suivre un entraînement, recevoir une brève formation sur les règles et simplement regarder comment nous jouons au jour le jour. Vous pouvez faire cela sur le terrain et vous pouvez également proposer aux participants de nombreuses vidéos utiles disponibles sur Internet. L’entraînement est essentiel pour améliorer l’expérience des nouveaux membres sur le terrain.

Je trouve qu’il est utile de créer une ligue composée de nouveaux joueurs de 5 ans d’expérience et moins. Vous pouvez vous en servir en tant que ligue d’entraînement, et elle permet à ses membres de compétitionner avec d’autres joueurs de niveau similaire. Pour être franc, il est souvent préférable de séparer vos nouveaux joueurs et vos joueurs juniors du reste de vos membres au cours des premiers mois de jeu. Cela permet aux nouveaux joueurs d’améliorer leur niveau de jeu et de développer leur confiance. Cela permet également d’éviter que des capitaines hypercritiques qui pourraient craindre de perdre une partie ne vous coûtent de nouveaux membres.

Communiquez. Communiquez. Communiquez. Envoyez chaque semaine un courriel à tous les membres pour les informer de ce qui se passe au club. Proposez un entraînement soit en groupe, soit individuel. Informez les gens des tournois qui ont lieu à l’extérieur et de la façon d’y participer. Plus les gens se sentent impliqués, plus ils sont susceptibles de rester. Envoyez un courriel à votre groupe au moins une fois par mois pendant la basse saison. Mettez en place une ligue avec petit tapis dans votre club, si vous le pouvez, pour inviter les gens à participer aux activités du club. Organisez des activités autres que le boulingrin, telles que des jeux de cartes et d’autres événements sociaux.

Pour les joueurs compétitifs, trouvez des capitaines qui sont prêts à emmener de nouveaux joueurs intéressés dans des tournois à l’extérieur. Vous ne savez jamais d’où viendra votre prochain champion canadien. En commençant tôt à faire de la compétition, les gens se lient au jeu de manière convaincante. Ne l’ignorez pas.

En Ontario, 74 p. 100 des joueurs de boulingrin jouent depuis 3 à 25 ans. Les personnes qui dépassent les deux premières années ont tendance à y rester pendant une période exceptionnellement longue, parfois jusqu’à la fin de leur vie. La plupart d’entre eux ont noué des amitiés au sein du club. D’autres ont été attirés par les activités et les compétitions du club. Le club devient une partie de leur vie.

Pour les joueurs de compétition, le boulingrin devient un défi passionnant et un moyen de se mesurer aux meilleurs joueurs du pays. La fébrilité relative à cette expérience peut maintenir un joueur actif pendant des décennies. Les gens découvrent également leur potentiel à différents moments. Pour certains joueurs, le point culminant de leur carrière est de gagner un championnat régional. Chaque joueur y trouve son intérêt. La règle générale dans la plupart des clubs correspond à 90 p. 100 de socialisation pour 10 p. 100 de compétition; par contre, j’ai joué dans des clubs où 50 p. 100 des joueurs recherchaient la compétition.

Le fossé qui existe entre les joueurs sociaux et les joueurs compétitifs est parfois exagéré. Les gens ont tendance à faire des allers-retours entre ces deux environnements. J’ai commencé jeune et, âgé entre 12 et 15 ans, j’étais alors un pur joueur de boulingrin social. Je suis progressivement devenu plus compétitif; je jouais toujours à la fois au boulingrin social et, entre 16 et 28 ans, je participais aussi au boulingrin de compétition. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à travailler plus de 50 heures par semaine que j’ai abandonné le boulingrin social pour me consacrer à la compétition et m’entraîner. Maintenant que je suis dans la soixantaine et que je ne suis plus dans le circuit de la compétition, je joue principalement au boulingrin social, et je participe à quelques tournois. Les joueurs de compétition de boulingrin s’isolent souvent pendant quelques années mais finissent par rejoindre les activités du club à mesure que le temps passe.

Pourquoi certains joueurs de boulingrin de longue date abandonnent-ils? Souvent, les gens quittent parce qu’ils n’ont plus la forme physique suffisante pour jouer. Parfois, c’est de notre faute. Il n’y a aucune raison pour qu’au Canada, un terrain gazonné ne puisse avoir une durée de trajectoire de 12 secondes ou plus. En disposant d’une surface artificielle ayant une durée de trajectoire de 15 à 16 secondes, James Gardens permet aux joueurs de rester actifs jusqu’à 90 ans. Si vos joueurs plus âgés abandonnent parce qu’ils ne peuvent plus atteindre le bout du terrain gazonné, songez à demander de l’aide à votre comité provincial d’aménagement de terrains. Envisagez de vous procurer du matériel pour aider au lancement des boules, comme des lanceurs UBI et des dispositifs d’assistance (Bowling Arms). Vous pouvez les utiliser pour prolonger la durée de participation de vos membres.

Les mauvais terrains font fuir les membres. Lorsque j’ai déménagé à Ottawa en 1980, il y avait un terrain de boulingrin, le club de boulingrin de Central, à deux minutes de mon appartement. J’ai jeté un coup d’œil à leurs terrains gazonnés et je n’ai jamais franchi le portail. J’ai pris un autobus et ça m’a pris 40 minutes pour me rendre à Elmdale pour jouer sur une surface de qualité.

Observez la mentalité qui existe dans votre club. Êtes-vous aussi amical que vous le pensez? J’ai été membre du conseil d’administration d’un club dont le président était un joueur de boulingrin de 5e année, créatif et progressiste. Tout au long de l’année, il entendait quelqu’un dire « On ne fait pas ça comme ça » chaque fois qu’il introduisait un changement dans les événements du club. À la fin de l’année, il a cessé d’être président, a quitté le club et a abandonné le jeu. Ils m’ont demandé d’être président et je leur ai dit que s’ils n’aimaient pas leur dernier président, ils allaient vraiment me détester. Écoutez ce qu’ont à dire vos nouveaux membres et, si vous avez un taux de rotation rapide, il y a une raison. Cherchez-la et soyez prêt à envisager un changement. Gardez les joueurs jusqu’à leur 3e année et ils y resteront probablement toute leur vie.


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