Ian Howard, président de Bowls Canada Boulingrin, vient d’être élu au conseil d’administration de World Bowls. M. Howard remplace Scott Roberts de Bowls USA à titre de directeur régional pour la région des Amériques (y compris les Caraïbes). Membre du club de boulingrin de Burlington, en Ontario, Ian est aussi membre du conseil d’administration de Bowls Canada Boulingrin depuis 2016; il a été directeur et vice-président, et il achève un mandat de deux ans à titre de président. Casey Donnelly, nouvelle coordonnatrice des communications et du sport sécuritaire à Bowls Canada Boulingrin, a récemment eu l’occasion de discuter avec Ian de ses années à Bowls Canada Boulingrin et de ses aspirations à l’égard de World Bowls.

Casey : Comment avez-vous découvert le boulingrin et comment avez-vous servi les intérêts de ce sport au fil des ans?

Ian : J’ai le vif souvenir d’avoir regardé, à l’âge de quatre ans, une joute chez les voisins de mes grands-parents, où je vivais à l’époque. En 1973, ma mère a eu la chance de représenter la Papouasie-Nouvelle-Guinée, une équipe qui participait au championnat international féminin à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Son équipe a remporté la médaille d’argent et, dans une lettre qu’elle m’a écrite alors que je vivais en Angleterre, elle m’a conseillé d’essayer ce sport, convaincue que j’adorerais cela. Quelques années plus tard, en 1978, à une vente de charité qui se tenait dans une église, j’ai aperçu un jeu de boules et je me suis souvenu des mots de ma mère. À peine usées, les boules étaient offertes à un très bon prix, alors j’ai décidé de les acheter. À l’époque, ma carrière d’expert-conseil accaparait tout mon temps, de sorte qu’il m’en restait très peu à consacrer au jeu. De plus, nous étions appelés à voyager partout dans le monde, mais je ne me suis jamais débarrassé de mes boules. En 2013, j’ai décidé de me rendre au club local de boulingrin et j’ai exprimé mon désir de devenir membre. Ayant subi une blessure très grave, j’avais beaucoup de peine à jouer, mais, en bon fils que je suis, j’ai persévéré pour faire plaisir à ma mère.

Un jour, j’étais assis avec un camarade de jeu qui m’a dit que je devrais poser ma candidature au poste de secrétaire du club, qui était vacant. Au bout de huit semaines, j’ai fini par céder. En fin de compte, j’ai été élu, et c’est ainsi que j’ai plongé dans l’univers de l’administration du boulingrin, à mon grand désarroi en un sens, parce que ces nouvelles fonctions empiétaient sur mon temps de jeu. L’administration avait quelque chose de valorisant, de même la possibilité de m’engager comme directeur de club, et plus tard, comme directeur provincial. Un jour, quelqu’un m’a dit que Bowls Canada Boulingrin était à la recherche de directeurs, alors j’ai décidé de tenter ma chance à nouveau. J’ai été directeur, puis vice-président, et je suis maintenant président de Bowls Canada Boulingrin, comme vous le savez. Mon cheminement dans ce sport a débuté le jour où j’ai regardé cette première joute de boulingrin, et j’en garde un vibrant souvenir, comme si j’avais encore quatre ans.

Casey : Qu’est-ce que World Bowls, et pourquoi cet organisme est-il important pour les boulistes canadiens? 

Ian : World Bowls est la fédération internationale mondialement reconnue de boulingrin, au même titre que la FIFA est la fédération internationale de soccer. World Bowls établit les normes de compétition internationale, ce qui permet à plusieurs pays de participer aux Jeux du Commonwealth et à des championnats mondiaux, qui sont aussi sanctionnés par World Bowls. Cet organisme contribue aussi à l’élaboration de programmes de marketing internationaux, de normes d’entraînement et d’arbitrage et de protocoles antidopage. World Bowls mène des initiatives cohérentes qui aident nos meilleurs athlètes à atteindre la reconnaissance, ce qui se répercute sur les clubs locaux où ils ont appris à maîtriser le boulingrin. Cet organisme est important pour les boulistes canadiens parce que son influence est circulaire. Lorsqu’un bouliste canadien excelle, cela déteint sur les membres des clubs locaux. Les histoires de réussite donnent aux jeunes boulistes la chance d’élargir leurs horizons et de rehausser leurs ambitions. Il est nécessaire de soutenir World Bowls parce que cet organisme a le pouvoir de promouvoir le jeu sur la scène mondiale, ce qui favorise l’essor du sport à l’échelle locale. Nous voulons nous assurer de maintenir cette représentation internationale du boulingrin auprès d’organismes comme la Fédération des Jeux du Commonwealth, l’Agence mondiale antidopage et, peut-être un jour, la Fédération olympique internationale.

Casey : Quelles seront vos responsabilités à titre de membre du conseil d’administration de World Bowls?

Ian : Essentiellement, un directeur régional fait office d’agent de communication entre World Bowls et les autorités nationales des pays membres comme le Canada, mais cette collaboration va dans les deux sens. Il se peut qu’on me demande de siéger à un comité de World Bowls si mes compétences s’y prêtent. De façon générale, mon travail consiste à ratisser encore plus large afin que le boulingrin puisse prospérer en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes.

Casey : Pourquoi est-ce important qu’il y ait un Canadien au conseil d’administration de World Bowls?

Ian : La fonction d’un directeur régional de World Bowls n’est pas tant de représenter le Canada que de représenter les Amériques. Les Amériques englobent le Canada, les États-Unis, le Brésil, l’Argentine, les îles Falkland, et nous sommes en train d’essayer de rallier la Jamaïque. De fait, je représente tous ces pays et je communiquerai avec chacun d’entre eux. Bien sûr, le fait que le Canada occupe une place au conseil témoigne, à mon avis, de l’excellence du leadership de BCB. Donc, oui, le Canada en tire parti, mais pas dans le sens où je lui accorde un traitement de faveur par rapport au Brésil, par exemple.

Casey : Je comprends que votre mandat de président se termine en septembre 2020 et que vous vous retirerez pour vous consacrer entièrement à votre travail à World Bowls. Quelles sont les réussites dont vous êtes le plus fier à titre de président de Bowls Canada Boulingrin? Qu’est-ce qui va vous manquer?

Ian : Le plan stratégique actuel, qui est l’assise sur laquelle repose tout ce que fait BCB, a été amorcé pendant mon mandat. Bien entendu, nous avons dû le modifier en raison de la COVID-19, mais je voudrais tout de suite ajouter que même si nous révisons le plan stratégique, les valeurs de BCB resteront toujours les mêmes. Nous avons des valeurs solides, et je suis enchanté que les orientations qui ont été élaborées par des représentants de la communauté canadienne du boulingrin à tous les échelons en 2014 demeurent valables encore aujourd’hui. Je vais m’ennuyer de la camaraderie de mes confrères directeurs, qui seront appelés à relever de beaux défis. Je vais m’ennuyer des interactions avec notre directrice générale, Anna Mees, et avec mes collègues du conseil. Nous allons rester en contact et je pense que nous continuerons d’avoir autant de plaisir, mais, chose certaine, cette camaraderie va me manquer. Nous avons là une bonne équipe.

Casey : Qu’espérez-vous accomplir à titre de membre du conseil d’administration de World Bowls? 

Ian : J’espère que les Amériques et tous les pays où l’on pratique le boulingrin pourront promouvoir le développement du boulingrin et inciter d’autres régions leur emboîter le pas. Ce serait fantastique qu’il y ait bientôt un championnat international réunissant tous les pays des Amériques parce que je suis certain qu’un tel événement susciterait une attention médiatique phénoménale. Je crois que plus les pays du monde pourront partager des ressources et des idées, plus le boulingrin pourra prospérer dans chaque pays.

Casey : Selon vous, quelles compétences et qualités personnelles vous aideront à y arriver?

Ian : Je pense que mon expérience dans le démarrage d’entreprises en Europe, où l’on parle plusieurs langues, et mon expérience aux États-Unis et en Australie me permettent de comprendre que les gens ont leurs propres objectifs et leur fierté nationale, mais que si on arrive à les rallier autour d’un but commun, ils sont prêts à laisser leur nationalisme de côté et à collaborer à l’atteinte d’un idéal collectif. Il est difficile de concilier toutes les particularités culturelles et de travailler avec tous ces gens qui ont leurs propres aspirations, mais je crois pouvoir affirmer que j’y suis parvenu dans les entreprises que j’ai gérées en Europe.

Casey : Quels sont les nouveaux défis qui vous attendent?

Ian : Je vais passer d’un poste où je joue un rôle actif et ancré dans le concret à un rôle de séduction, de suggestion et d’incitation, ce qui peut être très exigeant. Ça va être un défi, mais je crois être à la hauteur. Cela dit, j’ai toujours l’intention de m’impliquer dans le Temple de la renommée de l’Ontario Lawn Bowls Association et dans la Première ligue de l’Ontario, donc j’aurai toujours la possibilité d’interagir avec des gens et de mener des actions concrètes au quotidien. Mis à part ce défi, personne n’avait vu venir la COVID-19, et le fait est que quelquefois, l’imprévu se produit. Lorsque j’aurai à faire face à l’imprévu, je devrai être capable de suivre le courant.

Casey : En dehors du boulingrin, qu’est-ce qui vous définit? 

Ian : La première chose qui me vient à l’esprit, c’est le fait que je suis marié avec ma meilleure amie; elle est extraordinaire. Nous sommes mariés depuis un bon moment déjà et, sans elle, je n’ai aucune idée de ce que serait ma vie. Nous avons trois enfants, deux gendres, une belle-fille, et cinq merveilleux petits-enfants!

Ian souhaitait terminer l’entrevue en soulignant que le boulingrin est un jeu qui s’adresse aux familles. C’est un sport qui est à la portée de tous, mais qui offre aussi la possibilité de se hisser au rang du meilleur bouliste au monde.

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